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Madeleine Collins &
En attendant Bojangles :
Qui veut sombrer dans la folie
avec Virginie Efira ?
CINEMA

Madeleine Collins & En attendant Bojangles : Qui veut sombrer dans la folie avec Virginie Efira ?

Mercredi dernier, je me suis offert le plaisir d’une après-midi 100% Virginie Efira en allant découvrir ses deux derniers films : Madeleine Collins et En attendant Bojangles. Ce dernier, je l’attendais (sans mauvais jeu de mot) avec impatience depuis des semaines. Quant à Madeleine Collins, j’étais un peu réticente car j’avais eu quelques retours mitigés de la part de mes proches : j’avais peur d’être un peu déçue.
Spoiler Alert : ce n’est pas du tout ce qui s’est passé.

Aujourd’hui, j’ai décidé de vous partager mon avis sur ces deux films en même temps car ils partagent certains points communs, et ainsi, vous pourrez peut-être déterminer lequel est le plus adapté pour vous, si vous n’avez pas le temps de voir les deux. 

Avant de commencer, voici un bref résumé des deux films pour vous permettre de comprendre très rapidement de quoi, et de qui, il s’agit. 

Madeleine Collins de Antoine Barraud : L’énigmatique Judith mène une double vie, partagée entre la France et la Suisse et entre ses deux familles. Peu à peu, l’étau se resserre autour d’elle et au fur et à mesure que la vérité explose, elle est forcée de faire des choix qui la poussent encore plus dans la folie. 

En attendant Bojangles de Régis Roinsard : Camille et Georges s’aiment à la folie et vivent avec leur fils Gary un quotidien rempli de joie, de danses, de fêtes et d’aventures. Mais leur quotidien va être assombri par la folie de Camille, qui passe d’un extrême à un autre en un instant. 

Le premier point commun évident entre ces deux films est la présence de Virginie Efira, qui est impeccable dans les deux. Elle est à la fois troublante, émouvante et envoûtante aussi bien dans le rôle de Judith (Madeleine Collins) que dans le rôle de Camille (En attendant Bojangles). Je dois même avouer que dans les deux films, c’est sa présence magnétique qui donne de la crédibilité à l’histoire et aux personnages secondaires. Le spectateur est à tel point captivé par sa prestance qu’on imagine aisément qu’il en soit de même pour les personnages secondaires (Georges et l’Ordure dans Bojangles, Abel et Melvil dans Madeleine Collins). 

Romain Duris et Virginie Efira dans En attendant Bojangles

Au-delà du même choix d’actrice principale, ces deux films jouent avec la notion d’identité, notamment à travers le prénom des personnages. Dans En attendant Bojangles, Camille prononce cette phrase (retranscrite d’après mes souvenirs) “s’appeler par le même prénom toute sa vie, quel ennui !” et cela pourrait également s’appliquer au personnage de Judith dans Madeleine Collins qui change de prénom au cours du film : elle est alors à la fois Judith, Margaux et Madeleine. Or un prénom est la première chose qu’on utilise pour se présenter, pour définir son identité, et aussi bien Camille (qu’on appelle aussi Antoinette ou Olga) que Judith, elles multiplient les identités en multipliant les prénoms. Et toutes deux cherchent ainsi à fuir leur réalité

Les deux films vont en vérité plus loin dans cette exploration de la question d’identité car tous deux évoquent des maladies mentales, sans que cela ne soit réellement diagnostiqué dans le film : la mythomanie pour Madeleine Collins et la bipolarité pour En attendant Bojangles. C’est un autre point commun des deux films donc, d’autant plus qu’ils explorent comment ces maladies mentales affectent l’entourage des deux personnages interprétés par Virginie Efira. 

C’est alors une véritable descente dans la folie du personnage principal qui est présentée aux spectateurs, aussi bien dans Madeleine Collins que dans En attendant Bojangles. Et cette descente dans la folie est proposée de deux manières différentes.

Alors qu’Antoine Barraud signe avec Madeleine Collins un film noir et angoissant, Régis Roinsard fait de Bojangles un film lumineux, empreint de joie et de fantaisie, même dans ses moments les plus sombres. On se sent plus proche de notre réalité dans le premier film que dans le deuxième, qui peut paraître comme un film onirique avec un univers fantasmé, plus proche des films de Michel Gondry et des écrits de Boris Vian. 

Virginie Efira énigmatique dans Madeleine Collins

Et c’est là que les deux films diffèrent ! Tout d’abord dans le choix d’univers comme on vient de le voir, mais également dans le rythme du film

Pour moi, s’il ne devait en rester qu’un, je choisirais Madeleine Collins car je trouve que c’est un film qui parvient à nous captiver du début à la fin, sans un seul temps mort. Pour schématiser la structure du film, je la décrirais comme une courbe croissante. Cela correspond bien à la montée en tension du film mais aussi à l’intérêt du spectateur pour l’intrigue : plus le film avance, plus la tension monte, et plus le spectateur a envie de découvrir ce qu’il se passe vraiment. 

À l’inverse, dans En attendant Bojangles, on serait plutôt sur une structure en cloche, qui va du très haut au très bas et qui se répète. En ce sens, la structure du film me fait un peu penser à celle du roman Madame Bovary de Flaubert, avec un personnage qui atteint (ou pense atteindre) le sommet du bonheur mais qui retombe aussitôt dans la désillusion. C’est un peu le cas du personnage de Camille, notamment à cause de sa maladie. Elle passe d’un extrême à l’autre, d’une vie libre à une vie d’enfermement, mais après chaque épisode, aussi bien elle que ses proches acceptent à nouveau ce monde d’illusion. 

Cette structure assez répétitive m’a déçue dans ce film pour deux raisons. Tout d’abord, elle donne à la deuxième partie du film une certaine lenteur car on est dans la répétition de ce qui s’est passé précédemment. Enfin, elle rend la fin du film prévisible : on se doute que le film va finir sur du très bas, et donc (SPOILER), la mort de Camille, suivi de celle de Georges. 

En résumé, là où Madeleine Collins m’a surpris, En attendant Bojangles m’a déçu. Certes, vous pourrez dire que je suis de mauvaise foi car les deux films sont dans des registres complètement différents : Madeleine Collins est un thriller alors que En attendant Bojangles est une comédie dramatique. L’un se veut donc volontairement plus intriguant et plus surprenant que l’autre. Je tiens tout de même à souligner la beauté des chorégraphies et des costumes dans En attendant Bojangles qui, associée à la prestation de Virginie Efira, font malgré tout de ce film une belle séance de cinéma

Madeleine Collins de Antoine Barraud avec Virginie Efira, Bruno Salomone et Quim Gutiérrez. 
Durée : 1h47
Sortie le 29 décembre 2021

En attendant Bojangles de Régis Roinsard avec Virginie Efira, Romain Duris et Grégory Gadebois. 
Durée : 2h05
Sortie le 5 janvier 2021

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